Réalisé par Hideaki Anno, Shin Godzilla est un film qui montre Godzilla principalement à travers des réunions d’institutions japonaises. Tour à tour gouvernement national, municipal, cellule de crise, on passe une bonne partie de notre temps à observer les échanges entre les différentes entités, la diplomatie internationale qui s’ensuit, et même quelques jeux de pouvoir. Car l’arrivée de Godzilla dans la baie de Tōkyō est avant tout une catastrophe, qui se traite comme telle, avec la bureaucratie que cela implique.

Et quand il est là, il provoque des scènes de destruction magnifiques, dans cette région densément peuplée de 43 millions d’humains. Godzilla emporte tout sur son passage, que ce soit par sa masse imposante, ses déjections nucléaires, ou ses rayons lasers dignes d’Evangelion.

Gardant en tête l’esprit traumatisé d’après-guerre, où les souvenirs d’Hiroshima et Nagasaki sont encore vifs, l’aspect nucléaire reste central. Cependant, Shin Godzilla est surtout l’histoire du Japon, confronté à la fois à cette menace surpuissante, mais également à la diplomatie des États-Unis.

Shin Godzilla est un film puissant, tourné de manière originale, narré sans héros et sans méchant. Une œuvre collective, sublime, et à ne pas louper.