Ce blog est né suite à deux envies : celle de pouvoir m’étaler si nécessaire quand je parle de quelque chose sans faire 300 tweets différents, et celle de garder une trace de ce que je consomme comme médias culturels. Il est rapide d’aller au cinéma et d’oublier pendant des années un film banal, il est rapide d’oublier quand est-ce que l’on a joué à tel jeu. C’est ainsi que j’ai réussi (et j’en suis le premier surpris) à tenir le coup et à écrire un total tout rond de 100 articles. Un bel exercice d’écriture et de synthèse que je continuerai en 2019. Pour ce dernier jour de l’année 2018, voici l’intégralité de ce sur quoi j’ai écrit, sous la forme d’un récapitulatif qui se veut aussi être un classement.

 

Manga / BD

S’il y a bien une catégorie vide cette année, c’est celle-ci. Avec seulement 7 articles, il faudra que je lise un peu plus en 2019. Goupil ou Face est plus intéressant pour son aspect éducatif que pour son côté entertaining ; My Lesbian Experience With Loneliness est dans le même registre, dans le côté expérience personnelle. Quartier lointain et Furari furent deux ballades apaisantes et magnifiques offertes par Taniguchi ; mais c’est bien Au temps de Botchan qui m’aura marqué pour son côté épopée politique. Dans un registre tout différent, Mazinger Z est une œuvre majeure bien qu’incomplète, (ce qui me fait préférer Botchan), mais cette année c’est la lecture de Devilman qui m’aura retourné le cerveau. Une des œuvres les plus puissantes qui soient, et le vrai coup de cœur de cette catégorie.

 

Séries

Devilman Crybaby pour moi fut une adaptation grossière et qui fait perdre la majorité du charme du manga ; tandis que pour Stranger Things, je n’étais certes pas la cible mais la série ne fait rien pour la dépasser et n’a pas grand-chose à raconter.

Cardcaptor Sakura Clear-Card est une série sans ambition qui se réveille lorsqu’elle finit, sans suite annoncée, Gundam Build Divers n’a aucun intérêt, même en tant que série dérivée de produit dérivée, malgré quelques bonnes idées. LOGH: Die Neue These ne sert pour l’instant pas à grand-chose, à part montrer de jolis vaisseaux et avoir rendu le character design bien moins joli que dans la série d’OAV d’il y a 30 ans. Steins;Gate 0 m’a déçu en ne réussissant pas à capturer ce qui faisait le sel de la série originale.

Silicon Valley S5 et Love S3 furent de sympathiques suites, Aggretsuko une belle découverte qui continuera à s’améliorer je l’espère. Space Battleship Tiramisu fut extrêmement drôle et inattendu, tandis que la nouvelle saison de Doctor Who promet de belles choses pour le futur.

Gundam Thunderbolt Bandit Flower est relativement difficile à juger, tant il prépare à la prochaine saison, mais est toujours visuellement magnifique et vend du rêve. Space Runaway Ideon est une série puissante, qui vaut le coup d’œil, tant elle a été une influence marquante — même s’il faut quand même s’accrocher, car elle a vieilli.

Mais les grands gagnants de cette année sont BoJack Horseman S5, qui arrive à faire sa propre auto-critique de manière méta, DuckTales qui est un pur concentré d’amour pour cet univers canardisant, et Sense8 qui met les Wachowskis à leur meilleur, dans une bienveillance sans limite.

 

Jeux

On se demande bien comment Anamorphine et The First Tree ont pu finir par être publiés par leurs auteurs. D’autant plus que le premier part d’une excellente intention, mais le résultat final dans les deux cas est on ne peut plus catastrophique.

Beyond: Two Souls n’aura pas réussi à générer une quelconque émotion positive lorsque j’y ai joué, néanmoins, étant correctement fini, je ne pouvais pas le placer au même niveau que les deux horreurs précédentes. Sine Mora EX est une tentative louable bien que ratée, et Doki Doki Literature Club m’a semblé trop obscur et forcé dans ses intentions pour me marquer.

Pas grand-chose à noter non plus sur Captain Spirit et Far From Noise, mais je suis content que ces jeux existent. Mirror’s Edge Catalyst arrive à avoir un gameplay formidablement bon, mais qui est malheureusement gâché par tout le reste.

Pokémon Ultra-Lune souffre de son manque d’ambition qui n’essaye pas de faire quoi que ce soit de mieux que son prédécesseur, et Kingdom Hearts a beaucoup vieilli, mais me rend très curieux pour la suite (à laquelle je ne devrais pas tarder à jouer). Everybody’s Gone To The Rapture possède d’excellents atouts mais souffre de soucis qui rendent l’expérience longuette et ennuyeuse. Shape of the World est une expérience intéressante mais qui manque d’éclat pour être mémorable. LocoRoco est amusant, mais souvent trop frustrant dans ses contrôles.

Florence, expérience courte et très sympathique car excellemment bien présentée. To The Moon, est lui plutôt mauvais sur son gameplay mais nous plonge dans une histoire passionnante dont on ne saurait décrocher. Unravel two revient avec de magnifiques décors et un gameplay à deux joueurs excellent… mais sans être mauvais, cette suite n’est pas aussi bonne que le premier opus.

A Way Out, malgré son côté nanar (ou peut-être grâce à), sait être une magnifique expérience multi-joueur, dont je garde d’agréables souvenirs, et serait prêt à la refaire avec quelqu’un d’autre dans quelques années. Rayman Legends est également un excellent jeu multi-joueur, et c’est vraiment dans cette configuration qu’il brille. Sonic Forces souffre de défauts mais est très loin de la catastrophe annoncée, et est très agréable sans être transcendant. Question originalité, un triplé d’indé m’ont mis des étoiles dans les yeux par leur inventivité : Burly Men At SeaGNOG et Gorogoa. Courts et intenses, finition au taquet, il serait dommage de s’en passer.

Et nous arrivons ainsi dans des jeux qui m’ont définitivement marqué. The Gardens Between est quasiment irréprochable, et réussi tout ce qu’il entreprend. Yakuza Kiwami 2 n’est pas le meilleur de la série, mais tout est pardonné pour ses moments intenses mémorables, et ses sidequests rigolidiotes. Night in the woods est une merveille de narration ; Hellblade: Senua’s Sacrifice est une œuvre majeure de par ses thèmes effroyablement bien abordés et exécutés. Deltarune suit la voie de son grand frère Undertale, tandis que Tetris Effect fait verser des larmes à travers des petits blocs (et beaucoup de particules).

Mais les jeux qui m’ont définitivement le plus marqué arrivent maintenant. Spyro Reignited Trilogy représente mes premiers amours du jeu vidéo, difficile de passer à côté dans cette version améliorée. Rez Infinite m’a fait vivre de grandes choses et découvrir des sensations insoupçonnées. J’ai passé des longues heures à ne pas pouvoir décrocher de Stardew Valley et DJMAX Respect. J’ai pris un plaisir incommensurable à explorer le Japon mystique d’Ōkami HDGod of War est probablement une claque pour tout le monde cette année, avec son système de combat raffiné, sa caméra exceptionnelle, sa qualité générale excellente. Mais s’il y a bien des jeux que j’ai découverts cette année, et qui ont changé ma manière de percevoir le médium irrémédiablement, ce sont bien Shenmue et Shenmue 2. Une excellente année vidéoludique de mon côté, avec de très peu de jeux mauvais et de déceptions. Je vous encourage à au moins regarder à quoi ressemblent la majorité des jeux cités ici.

 

Films

Comme pour tout le reste, commençons par le pire ! Sur la piste du Marsupilami n’est pas drôle, Lost in Translation et Drive sont ennuyeux. Mutafukaz n’est jamais très brillant et Le Voyage d’Arlo est probablement le pire Pixar à ce jour. Le Jeune Karl Marx n’est quant à lui pas particulièrement intéressant. Prête-moi ta main est l’archétype de la comédie française, un peu plus drôle peut-être.

Les Délices de Tokyo et Oldboy ne m’ont pas particulièrement marqué, mais ils sont remplis de qualités !

C’est à ce moment-là de l’article où je me rends compte que j’ai vu pas mal de films, et qu’il devient compliqué de continuer avec cette forme. Dans la catégorie des films sympathiques, on retrouve Mary et la fleur de la sorcièreShape of WaterIt’s kind of a funny storySanta & CieDrunken MasterThe President’s BarberAnnihilationParvana16 levers de soleilIndestructibles 2 et Mortal Engines.

Un cran au-dessus, des films que j’ai trouvé vraiment bons, comme Isle of Dogs, Summer Wars, RRRrrrr!!!, Code Geass Trilogy, Coco, Ouvrir la voix, First man, Spider-Man: Into the Spider-Verse, Liz and the Blue Bird.

À ce niveau-là, autant détailler à nouveau. Ces films m’ont définitivement marqué d’une manière ou d’une autre. Love, Simon, simple et tendre, qui m’a arraché de grosses larmes. A Taxi Driver, ô combien important et incroyablement bien réalisé, drame historique au même titre que Battleship Island. La fameuse Cornetto Trilogy que j’ai enfin regardée en entier, chef-d’œuvre d’humour. Mirai no Mirai, très joli film sur la fraternité (avec beaucoup de trains). Le tombeau des lucioles car comment ne pas apprécier ce film, même si Pompoko aura mieux réussi à capturer mon cœur.

Et désormais les films inoubliables de l’année. Au Poste!, ou quand l’absurde français est à son meilleur ; Batman Ninja ou quand l’absurde japonais est à son meilleur. Gundam The Origin, sans surprise, s’impose comme l’une des meilleures série de films de la saga. Je veux manger votre pancréas semblait être une comédie romantique gentillette, et s’est finalement avéré devenir l’un de mes films préférés, de par son innocente sincérité dans l’adversité. Macross: Do You Remember Love? dans un tout autre registre, un chef-d’œuvre d’animation encore aujourd’hui, une ode à l’espace, aux gros mechas, aux rayons lasers et à la pop japonaise des années 80. Inégalé !


Voilà qui conclut un an de vie, et la première année de vie du blog. Je vous encourage évidemment à lire les articles, à être curieux et à sortir de vos habitudes. C’est ce que j’ai essayé de faire cette année, surtout vidéoludiquement, et j’ai eu de belles surprises. Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2019 !