Shenmue, originellement sorti sur Dreamcast à la fin du siècle précédent. Voilà un titre qui a influencé toute une génération, et a participé à ériger sa console au statut de culte, mais que vaut-il aujourd’hui ?

Il faut bien le dire, la maniabilité est une relique du passé. Difficile de maîtriser sereinement sa direction tant le système est rigide. Les combats, eux, hérités de Virtua Fighter sont peu clairs et pas particulièrement passionnants ; avec une caméra qui ne se place vraiment pas de manière optimale, et un apprentissage des coups quasiment inexistant. De même, la qualité audio héritée d’une autre époque fera mal aux oreilles dans un premier temps.

Mais malgré tout cela, rarement ai-je été aussi vite transporter dans l’univers d’un jeu. Shenmue est un véritable simulateur de vie (rudimentaire, certes – nous sommes en 1999), où les habitants de Yokosuka vivent leur vie sans nous attendre, dans un environnement riche. Et il faudra parfois attendre. De longues minutes. Avec l’horloge du jeu qui tourne en continu, si l’on vous donne un rendez-vous pour le lendemain, il va bien falloir trouver comment s’occuper. Et pas question d’aller au lit à 14h, ce ne serait pas crédible. Si vous devez prendre le bus, alors il va falloir l’attendre, car il a des horaires précis. C’est en cela que Shenmue peut rester difficile à aborder : peu d’action et une volonté que le joueur puisse s’ennuyer, comme dans la vraie vie. Tout ne vient pas sur un plateau doré, le jeu ne vit pas que pour nous. Et diable, qu’est-ce que c’est rafraichissant. Toujours en 2018.