Impossible d’être objectif sur cette trilogie de jeu à laquelle j’ai joué plus d’une vingtaine de fois dans ma vie et dans laquelle je replonge régulièrement. Mais ce monde coloré et rigolo, ces musiques toutes les plus originales les unes que les autres, cette plateforme qu’on ne fait plus depuis quasiment 20 ans… mais ces contrôles dépassés à la croix directionnelle qui commençaient sérieusement à devenir insupportable. Première mission de ce remake, revoir la maniabilité.

Et sur ce point-là… c’est plutôt réussi, tout en étant également le plus gros bémol. En effet, la caméra avait tendance à se placer de manière relativement optimale toute seule, et il suffisait de courir dans une direction pour qu’elle se replace adroitement (non sans défauts, évidemment, on était en 1998). Reignited prend le pari d’une caméra que l’on peut contrôler soi-même, et qui malheureusement se place moins souvent là où l’on voudrait qu’elle soit. Certains niveaux n’ont en outre pas prévu que l’on puisse déplacer soi-même la caméra, ce qui rend certaines phases plus complexes qu’auparavant. De même, le supercharge a un comportement étrange. Au final, on s’y fait à cette caméra, mais elle est toujours perfectible. Si auparavant comme un petit animal je galopais sans jamais m’arrêter, cette version oblige à s’arrêter et à contempler plus souvent. Un paradigme différent, en somme. Ce qui rend cette version magistrale cependant, c’est la fluidité et la beauté des animations de notre dragon violet préféré, qui excuseraient presque tout le reste.

Des éléments qui gênent bon nombre de joueurs : un énorme motion blur qui n’est pas désactivable peut perturber la vue. J’aurais personnellement aimé pouvoir le réduire légèrement – une option qui, je l’espère, sera intégrée.  Dans Spyro 2 et 3, les commandes de caméra sont inversées sous l’eau, ce qui rend ça très difficilement contrôlable. Une option serait elle aussi bienvenue… Enfin, il n’y a pas de sous-titres, ce qui en 2018 est tout bonnement inacceptable.

Quand j’ai lancé le jeu pour la première fois, je ne me rendais pas compte que j’avais sous les yeux un jeu différent. Effectivement, la maniabilité n’est pas la même, mais le monde a été retranscris avec une telle fidélité qu’il ressemble à ce que j’avais toujours imaginé par-dessus les polygones peu texturés qu’affichait le CRT. Il y a nombre de détails bienvenus dans le décor, tout en gardant l’intégrité de la structure originelle. Là où le bât blesse le plus, c’est sur Spyro 3 (et dans une moindre mesure sur Spyro 2), où les personnages aux formes simplissimes ont gagné en détail. Parfois c’est cool, parfois je trouve qu’on y perd tout le charme original. Cela reste une question de goût, mais…

La musique s’offre le luxe d’être déclinée en trois versions : l’originale, la remastérisée, et la remastérisée dynamique (cette dernière s’adapte en fonction de la situation : en charge, dans une grotte, sous l’eau, etc). Le doublage quant à lui est globalement très bon, même si quelques fois l’original reste meilleur. Surtout dans le cas de Hunter, qui était bien plus original et réussi auparavant, RIP petit ange parti trop tôt.

Alors globalement quoi ? L’avantage d’un remake est que les originaux ne disparaissent pas. Globalement, l’expérience est bien plus fluide et agréable, certains niveaux sont beaux à couper le souffle, et les détails que je relève sont le nitpick d’une personne qui les connaît par cœur. Cette version est définitivement une bonne surprise à mettre entre toutes les mains, et espérons que les petits défauts relevant plus de l’option que du choix artistique pourront être adressés dans de futures mises à jour !

À noter cependant, dans un paragraphe que j’espère barrer bientôt, un nombre de bugs gênants sur Spyro 3 (les épisodes ayant été réalisés dans l’ordre, un bugfix est probablement en cours. En effet, résident de graves problèmes sur le comptage des gemmes et leur récupération, quelques glitchs et principalement le skate qui ne marche tout bonnement pas correctement. Je ne puis que conseiller d’attendre un patch avant de toucher au troisième opus.