Dans First Man, ce n’est pas une épopée épique et parfaite d’Apollo 11 que l’on souhaite nous montrer, mais bien ses aspects plus réalistes. En effet, dès la première scène, le bruit assourdissant du moteur nous assaillit, le métal vibre et claque. Il n’est nulle question de nous mettre en sécurité mais bien de nous faire sentir la taule, l’enfermement dans une boîte de conserve qui risque d’exploser à tout instant.

Ces scènes, récurrentes et merveilleuses, ne suffiraient pas à faire un long-métrage de 2h20 à elles seules (bon, pour moi ce le serait probablement, mais ce serait commercialement risqué) et sont entrecoupés de moments de vie de Neil Armstrong. Tantôt formation de physique à la NASA, tantôt vie de famille, elles rythment le récit de manière étrange mais efficace. Seules, elles n’ont que peu d’intérêt ; c’est en s’insérant dans le récit qu’elles arrivent à être pertinentes. Et comble du bonheur, elles ne versent jamais dans le mélodrame, ce qui aurait pu être un axe du récit facile et dommageable. C’est même avec surprise que l’on y découvre des passages encrant l’époque, les contestations sociales liées au programme spatial, etc.

Le principal bémol est pour moi est la présence de Ryan Gosling, qui n’est pas un acteur que j’apprécie. Je n’arrive tout simplement à apprécier son jeu d’acteur et à voir la personne interprétée avant sa propre personne. Tant pis !

Au final, First Man est un film qui brille par ses sublimes scènes de contemplation spatiales, mais qui pourrait ennuyer les hérétiques qui n’apprécient pas Gravity, par exemple.