Hellblade est le résultat d’un énorme pari de la part du studio qui l’a créé : prouver qu’il est possible de faire des jeux indépendants de grande qualité technique sans éditeur, et aborder un sujet peu commun : la psychose. Inutile de préciser la stigmatisation omniprésente de la société sur ce dernier point, où Hellblade devient alors une œuvre presque salutaire.

Sa direction artistique originale, surprenante et extravagante aurait pu être le choix de directeurs artistiques talentueux, et, bien que cela soit le cas, ce n’est pas l’élément fondamental. En effet, la démarche de Ninja Theory aura été celle d’impliquer des personnes concernées. Médecins comme malades ont été part prenante dans le processus créatif du jeu. En voyant le making-of (que je vous recommande vivement après avoir terminé le jeu), on s’aperçoit que de nombreux effets visuels sont en effet représentatifs de la maladie mentale en question. C’est directement l’expérience personnelle d’une personne malade qui a été intégrée au jeu. De manière régulière et constante. Quelle bouffée d’air frais !

Si le jeu commence par être angoissant, puis un peu laborieux et qu’il s’avoue inégal, passé les deux premières heures de jeu, il saura révéler toutes ses qualités. S’il y a bien des choses qui m’ont déplues, notamment certaines phases de combat longuettes ou un lore assez mal intégré, les qualités arrivent à outrepasser ces défauts. La narration impeccable, l’ambiance visuelle et sonore, tout est assez exceptionnel une fois que le jeu a réussi à nous happer après ceux deux premières heures. Encore une fois, il n’est pas parfait, mais il vaut largement le détour ne serait-ce que pour sa démarche originale.