God of War est un petit bijou : voice acting de qualité, direction artistique au top, caméra et montage à couper le souffle au service d’une mise en scène époustouflante. Question gameplay, ma première crainte fut que le jeu, comme nombreux AAA récent, en fasse trop, avec ses menus tentaculaires… et bien que ça soit le cas, le jeu sait garder une certaine sobriété.  En effet, grâce à son gameplay à la difficulté exigeante, mais abordable, le jeu peut-être fini sans s’embarrasser de la majorité des équipements et autres items. Les plus utiles seront mis en avant par le jeu, les autres ne feront que simplifier l’expérience de jeu. Évidemment, cela aurait pu être mieux fait et moins fouilli, mais par rapport à de nombreux jeux open-world récents qui exigent de s’embêter avec du crafting à la limite du harcèlement, God of War sait offrir un aspect rafraîchissant, où l’on peut foncer dans le tas et s’inquiéter plus tard de l’utilité de ce que l’on a récupéré dans ces 50 coffres ouverts sur le chemin. Le combat reste simple, mais efficace et surtout suffisamment varié avec les nouvelles techniques que l’on apprend pour que l’on ne s’en lasse pas. Les combats de boss sont quant à eux toujours impressionnants, mais pas toujours au point question gameplay.

C’est également la preuve que le jeu linéaire n’est pas mort. God of War peut se jouer en ligne droite, et n’a en réalité qu’une seule zone du jeu où l’on explore vraiment, qui sert de hub. À cet endroit, de nombreuses quêtes annexes sont disponibles, généralement de qualité, parfois avec des zones assez intéressantes et complètement optionnelles. C’est également à cet endroit que le lore du jeu va être raconté de manière intelligente : en bateau, lorsque l’on n’a rien d’autre à faire qu’écouter ce que les personnages racontent. D’habitude, ils parlent pendant que l’on est concentré sur autre chose : ce n’est jamais le cas ici, et c’est l’un des rares jeux où j’ai pu me concentrer dessus pour de vrai.

Malheureusement, le jeu souffre de quelques soucis de finitions. Rien de bien grave, mais j’ai souvent eu des chargements d’objets et de textures tardifs, et pour un jeu qui n’est pas la claque visuelle à laquelle on pouvait s’attendre, c’est dommage. Attention, le jeu est extrêmement joli, mais est au niveau « standard » des productions AAA d’aujourd’hui. Là où le jeu se rattrape techniquement, c’est sur son travail d’animation tout bonnement titanesque, littéralement !

Question histoire, ça ne vole pas très haut, les « enseignements » tout comme la relation père-fils sont plus que discutables. La musique épique est magnifique, mais on l’entend au final trop peu. Je ne sais pas si le réglage de son par défaut est mal calibré, je n’ai pas essayé d’y toucher, mais en ayant fini le jeu je me suis fait cette réflexion : pas assez de thèmes qui me soient restés en tête. Le jeu dispose de différentes options d’accessibilité, ce qui est très appréciable.

En bref, j’ai adoré ce jeu, qui va dans une direction très intéressante pour God of War qui sait tirer parti de ses ambitions, et gageons que cette nouvelle formule saura être améliorée dans les prochains opus.