J’ai profité d’une offre qui me permettait d’obtenir pour 30€ les 1300 pages qui constituent le manga Devilman, écrit par le grand Go Nagai au début des années 1970. Considéré comme une œuvre majeure, je préférais lire l’œuvre originale avant de m’attaquer à l’anime de 2018.

La trame narrative est basique : les démons, qui dominaient la terre il y a des milliers d’années, veulent reprendre leurs droits, et exterminer les humains. Pour les contrer naît le personnage de Devilman. Ce manga, qui au départ ressemble à s’y méprendre à un shōnen bien ficelé, évolue dans des directions inattendues, et mûrit sur tous les points au travers des tomes, jusqu’à une fin en apothéose.

Parce que Devilman, c’est une histoire de violence. Une violence sur tous les plans, physique et mentale, qui se manifeste sous de multiples formes et à tout moment — sans jamais être injustifiée, car elle sert le propos de l’œuvre. Et de manière magnifique sous les traits de Go Nagai, qui changent en fonction de l’action, tantôt personnages caricaturaux, tantôt pages entières mémorables ; le trait fin mais grossier peut se transformer en tout moment en trait gras, détaillé et imposant.

Devilman, c’est une histoire ancrée dans son époque, qui raconte les craintes de Go Nagai et de l’humanité. Devilman, c’est une interrogation sur la nature sombre de l’Homme, à travers des références bibliques particulièrement bien amenées. Je pourrai encore en dire beaucoup plus, mais Devilman, c’est une œuvre à découvrir et à lire de toute urgence.