«Au temps de Botchan» est un manga qui se présente comme une fresque du Japon de l’ère Meiji (1868-1912) à travers le prisme de personnalités de l’époque. Principalement des auteurs classiques, certes, mais pas que. Les thèmes abordés sont divers, mais caractérisent tous l’époque : le rapport à l’Occident, la modernité croissante du pays, le rapport à la famille ou encore la montée du socialisme, de l’anarchisme et des mouvements sociaux, notamment.

Chacun des 5 tomes tourne autour d’un personnage en particulier : Natsume Sōseki, Takuboku Ishikawa, Mori Ogai, Shūsui Kōtoku, et à nouveau le premier cité pour le dernier tome («Bocchan» est son roman le plus connu, que l’on peut également considérer comme le héros de ce manga).

Tous ces personnages et bien d’autres (tous historiques) vont se croiser, se rencontrer ; leurs histoires s’emmêlent et se mélangent. C’est cela qui a été le plus déroutant pour moi lors de la lecture : il y a bien une centaine de personnages historiques dont je n’ai jamais entendu parler qui apparaissent et interagissent. En cela, cette œuvre n’est pas à portée du premier venu, mais ravira les personnes curieuses du Japon de l’époque et de son histoire, dont la curiosité sera attisée (et qui passeront des heures sur Wikipédia pendant sa lecture).

L’histoire arrive à être captivante, tout en étant entièrement basée sur d’innombrables faits historiques, portée par l’incroyable dessin de Jirō Taniguchi, qui permet de se représenter au mieux le Tōkyō du début du XXe siècle.

En somme, cette œuvre permet de découvrir ce Japon en pleine phase transitoire, où la pensée moderne du pays a été modelée. C’est un bon moyen pour toute personne intéressée par ce pays de découvrir les évolutions des usages, de la géographie, des modes de vie, des transports… mais qui pourra s’avérer à plusieurs moments indigestes pour le lecteur occidental avec un namedropping à n’en plus finir. Ce récit sur 1500 planches reste tout de même un saut dans le passé tout à fait remarquable et passionnant.